Alone on top
Mountain story
There are mountains that captivate the imagination of mankind. They lit a blazing fire in your chest and from that point on all you can do is dream about standing on top. The beauty of mountaineering is that it varies from person to person.
Some like famous mountains for their history, others the highest or hardest out there. I am not sure if I really have a defined mountain type but one thing for sure, to me, it must be a beautiful one.
Aesthetic is a very suggestive thing you might say but none who have laid their eyes on the Republic Spire can say it isn’t a beautiful peak that calls to be climbed.
Towering 700 meters above the Envers hut, it appears from the Montenvers train like a godly finger pointing at the sky, defying gravity. First climbed in July 1904 by Hippolyte-Émile Beaujard and Joseph Simond, they had to use a crossbow to fix the final pitch of the climb, legendary.
Visible from the valley, iconic history and a beautiful shape, these were my pulls towards her. A beautiful weather window appeared on the radar and I started looking for a partner. Unfortunately it was not to be as my prospects were tied to work obligations. I devised a plan that could allow me to gain the confidence to climb this face solo.
Before going, I wanted to do 2 things: first climb a route similar in grade but shorter in length and secondly climb a much harder route in grade but again much shorter to validate I could safely protect myself. 2 beautiful training days, the necessary time to think it through, evacuate my doubts and fears.
I packed my bag in the late afternoon and headed to Chamonix. A train, cable car and long walk along the Mer de Glace glacier brought me to the Envers hut. The place is noisy tonight, a large group of aspiring mountain guides are here and I feel a little flattened by their demeanour. I keep to myself, cook my food in my corner and eat outside with the view.
3:40am the alarm pulls me out of bed, I am not nervous anymore. The world narrowed to my objective and the one rule I now have: “Coming home is mandatory”.
The climb starts with a short glacier walk and the scary passage of 3 Bergschrunds; these are the junctions between the wall of a mountain and the glacier. The large crevasses represent a major risk, but they are quickly left behind, and I breathe more easily.
I start climbing the moderate ground above the glacier. It’s only grade 3 climbing, but here I know that no fall is allowed. One misstep, one error… I stay focused, the sun rises slowly. I feel its heat on my back. Today is going to be beautiful. I can feel it. I get into a zone, a flow, a near meditative state; I have left long behind the closest parties.
I am now alone going for the summit.
Possibly a moment of inattention or just bad luck, I grab a rock the size of a small fridge and instantly feel its weight coming onto my body. By reflex, I jump to the side, grab another rock for balance, and swing my body around so the rock doesn’t crush me. There is nothing I can do to stop it; the monster slowly tilts forward and finally drops off the edge. I scream “Rock !!!” twice and watch in horror the rock exploding on the first impact sending smaller size rocks down toward the 3 parties behind me. I scream for them to take cover once again and watch powerless.
Nobody was hurt and we all breathed a sigh of relief; this was once again a reminder of the danger of mountaineering. We all lived to see another day.
Finally, I am at the foot of the spire, here start the higher grades climbing and I get my climbing gear ready. When climbing lead rope solo every pitch or length of climbing must be done twice. Once to set up the rope from bottom to top and a second time, once rappelled back to the bottom, to recover all the gear. I have climbed a lot using that technique last year but only on bolted routes where protections have been bolted to the wall. This year I started lead rope soloing on traditional routes, meaning all protections have to be placed by hand in small cracks as I climb.
This way of climbing gives me incredible satisfaction as it makes me feel like I have actually climb the entire mountain all by myself. There wasn’t anybody belaying me or climbing some of the hard pitch on lead while I only climb them as second.
Getting to the top only depends on my skills, endurance and perseveration.
After 5 hours of effort the final pitch runs out and I stand alone on the summit of the Republic Spire.
5 meters long, 40cm wide and hundreds of meter of drop on each side. This is a truly magnificent moment for me. The culmination of years of learning and training and the start of a new chapter. I stand on the summit for a few minutes, a few heartbeats or possibly several sunlit days, I can’t quite recall and finally I reluctantly I pull myself away from the contemplation.
6 hours later, after countless rappels, down climbs and glacier crossing I am back at the train station to get home.
For many only a day has passed but for me today was special, it was one of these days, unencumbered, free from it all, flying high, dreaming big, feeling terribly alive.
🇫🇷🇫🇷🇫🇷
Il y a des montagnes qui captivent l’imagination des hommes. Elles allument un feu ardent dans la poitrine et à partir de ce moment-là, tout ce que l’on peut faire, c’est rêver d’être au sommet. La beauté de l’alpinisme est qu’elle varie d’une personne à l’autre. Certains aiment les montagnes célèbres pour leur histoire, d’autres les plus hautes ou les plus difficiles. Je ne suis pas sûr d’avoir vraiment un type de montagne défini, mais une chose est sûre : pour moi, ce doit être une montagne esthétique.
L’esthétisme est quelque chose de très suggestif, me direz-vous, mais aucun de ceux qui ont posé leurs yeux sur l’aiguille de la République ne peut dire que ce n’est pas un beau sommet qui appelle à être escaladé.
S’élevant à 700 mètres au-dessus du refuge de l’envers des aiguilles, elle apparaît depuis le train du Montenvers comme un doigt divin pointant vers le ciel, défiant la gravité. Lors de la première ascension en juillet 1904 par Hippolyte-Émile Beaujard et Joseph Simond, ils ont dû utiliser une arbalète pour fixer la hauteur finale de l’ascension.
Visible depuis la vallée, avec son histoire emblématique et sa forme magnifique, voici quelque chose qui m’attire vers elle. Une belle fenêtre météo est apparue sur le radar et j’ai commencé à chercher un partenaire. Malheureusement, cela n’a pas eu lieu car mes prospects étaient liés à des obligations professionnelles. J’ai donc imaginé un plan qui pourrait me permettre de gagner la confiance nécessaire pour grimper cet voie en solo. Avant d’y aller, je voulais faire deux choses : d’abord gravir un itinéraire de même cotation mais plus court en longueur et ensuite gravir un itinéraire beaucoup plus difficile en cotation mais à nouveau beaucoup plus court pour valider que je pouvais me protéger en toute sécurité. 2 beaux jours d’entraînement, le temps nécessaire pour y réfléchir, évacuer mes doutes et mes peurs.
J’ai fait mon sac en fin d’après-midi, puis direction Chamonix. Un train, un téléphérique et une longue marche le long du glacier de la Mer de Glace me conduisent au refuge de l’Envers. L’endroit est bruyant ce soir, un grand groupe d’aspirants guides est ici et je me sens un peu écrasé par leur comportement. Je reste dans mon coin, je réchauffe mon plat et je mange dehors avec la vue.
3h40 du matin, le réveil me fait sortir du lit, je ne suis plus nerveux. Mon monde s’est recentré sur mon objectif et la seule règle que j’ai maintenant : « Rentrer à la maison est obligatoire ».
L’ascension commence par une courte approche sur le glacier et le passage effrayant des 3 rimayes, les jonctions entre la paroi d’une montagne et le glacier. Ces grandes crevasses représentent un risque majeur, mais elles sont rapidement laissées derrière, et je respire plus librement.
Je commence à gravir les premières longueurs relativement faciles au-dessus du glacier. Ce n’est pas bien difficile, mais ici je sais qu’aucune chute n’est tolérée. Un faux pas, une erreur... Je reste concentré, le soleil se lève lentement. Je sens sa chaleur dans mon dos. Aujourd’hui va être magnifique. Je peux le sentir.
Je suis entré dans une zone, un flow, un état presque méditatif ; j’ai laissé depuis longtemps derrière moi les cordées les plus proches. Je vais maintenant seul vers le sommet.
Peut-être un moment d’inattention ou juste de malchance, j’attrape une pierre de la taille d’un petit frigo et je sens instantanément son poids venir sur mon corps. Par réflexe, je saute sur le côté, attrape un autre rocher pour rétablir mon équilibre, et fais pivoter mon corps pour que la pierre ne m’écrase pas. Il n’y a rien que je puisse faire pour l’arrêter ; le monstre s’incline lentement en avant et finit par tomber du bord. Je crie « Pierre ! ! ! » deux fois, je regarde avec horreur le rocher exploser au premier impact, envoyant des roches de plus petite taille vers les trois cordées derrière moi. Je crie une fois de plus pour qu’ils se mettent à l’abri et regarde, impuissant.
Personne n’est blessé et nous poussons sans nul doute tous un soupir de soulagement ; une fois encore voilà un rappel du danger de l’alpinisme.
Enfin, je suis au pied de l’aiguille sommitale, ici commence l’ascension des longueurs les plus dures, je prépare donc mon matériel d’escalade. Lorsque je grimpe en auto-assurage, chaque longueur d’escalade doit être effectuée deux fois. Une fois pour installer la corde du bas vers le haut et une seconde fois pour revenir en bas afin de récupérer tout l’équipement puis remonter. J’ai beaucoup grimpé en utilisant cette technique l’année dernière, mais seulement sur des voies équipées où les protections ont été fixées au mur. Cette année, j’ai commencé à grimper en auto-assurage sur des voies en traditionnel, ce qui signifie que toutes les protections doivent être placées à la main dans de petites fissures pendant que je grimpe.
Cette façon d’escalader me donne une satisfaction incroyable car elle me donne l’impression d’avoir réellement gravi toute la montagne tout seul. Il n’y a personne pour m’assurer ou pour grimper une longueur difficile en tête pour moi, alors que je ne la grimpe qu’en second.
Arriver au sommet ne dépend que de mes compétences, de mon endurance et de ma persévérance.
Enfin, après 5 heures d’efforts, la dernière longueur est derrière moi et je me retrouve seul au sommet de l’aiguille de la République.
5 mètres de long, 40 cm de large et des centaines de mètres de vide de chaque côté. C’est un moment vraiment magnifique. L’aboutissement de plusieurs années d’apprentissage et de formation et le début d’un nouveau chapitre. Je me tiens au sommet pendant quelques minutes, quelques battements de cœur ou peut-être plusieurs jours ensoleillés, je n’arrive pas tout à fait à me souvenir, puis à contrecœur je m’arrache à cette contemplation.
6 heures plus tard, après d’innombrables rappels et traversée de glacier, je suis de retour à la gare pour rentrer chez moi. Pour beaucoup, seule une journée s’est écoulée, mais pour moi aujourd’hui était spécial, c’était l’une de ces journées, en paix, libéré de tout, pris dans un rêve en grand, un rêve vivant.










Amazing! That photo from the very top 🤯
What an incredible journey ⛰️♥️ wonderful perspective